Le Coin lecture

Coin lecture : The Singles Game

Ma note :

Chers amis bibliophiles,

Cette semaine, je vais vous parler du dernier roman de Lauren Weisberger, L’art et la manière de conclure en beauté, paru le 3 novembre 2016 aux éditions Fleuve éditions. Je précise que j’ai lu le roman en anglais dont le titre est The Singles Game (paru le 30 juin 2016).

Sans titre

Résumé (en français) :

À 24 ans, Charlotte Silver, dite « Charlie », a tout pour elle. Dotée d’une plastique parfaite, elle figure parmi les meilleures joueuses du monde. Les médias et les fans l’adorent. Seule ombre au tableau : elle n’a jamais remporté une victoire en Grand Chelem. Lorsqu’une blessure l’oblige à abandonner Wimbledon, Charlie prend une mesure drastique. Elle renvoie sa coach de toujours et la remplace par l’entraîneur star Todd Feltner, aussi réputé pour ses mauvaises manières que pour sa redoutable efficacité. Ce pacte avec le diable propulse Charlie aux sommets des classements, comme en couverture des magazines people… Et sa relation avec le joueur « le plus sexy du monde » est une alliée de taille dans cette quête de la gloire : terre battue ou tapis rouge, Charlie Silver devient la it-girl du tennis féminin que tout le monde s’arrache. Mais entre fêtes, tromperies et compétition, la célébrité n’est pas qu’une partie de plaisir… surtout quand une éternelle rivale ne recule devant rien pour prendre le dessus. Jusqu’où Charlie sera-t-elle prête à aller pour être la meilleure ?

Mon avis :

En lisant le résumé, je me suis dit (d’un air maussade) « Bon, c’est parti pour une fiction romantico-sportive où le tennis sera roi ! ». Effectivement, il est question de tennis dans le roman de Lauren Weisberger mais pas trop heureusement ! Bien que certains passages décrivent avidement les matches joués par Charlie, ils ne constituent que 5 % de l’histoire. C’est peut-être déjà trop vous me direz.

Ayant lu tous les romans de l’auteure, c’est par pure curiosité que j’ai voulu lire ce sixième ouvrage. Et vous allez le voir, mon avis reste mitigé.

Le roman s’ouvre sur les quelques minutes précédant un match joué par Charlie à Wimbledon. Comme l’exige la règle, l’équipement complet de Charlie est scrupuleusement contrôlé par les organisateurs du tournoi qui déclarent que sa paire de baskets n’est pas conforme. Flûte alors ! Il faut impérativement trouver une paire de dernière minute sinon Charlie sera disqualifiée. Une nouvelle paire de baskets est trouvée, le match commence et seulement après quelques minutes c’est la catastrophe : Charlie trébuche, s’étale par terre (ses chaussures sont trop grandes !) et se rompt le tendon d’Achille… S’ensuit une période de convalescence de six mois pendant lesquels elle congédie Marcy, sa coach depuis toujours (mais qui est responsable du problème de chaussures même si elle ne s’en excusera jamais) et s’offre les services de Todd Feltner, entraîneur de tennis de renom.

Todd est le genre de personnage que l’on aime détester. Il est exigeant, impitoyable mais va réaliser un vrai travail de fond avec Charlie. Il va la remettre sur pied puis la remettre en forme et à niveau. J’étais d’ailleurs très agacée par la niaiserie de celle-ci lorsque Todd revoit avec elle son régime alimentaire. Tu es pro ou tu ne l’es pas ma chérie… Tout chez Charlie fait l’objet de changements : sa personnalité, son comportement, ses habitudes alimentaires, son style vestimentaire, ses fréquentations et bien sûr son jeu. Conséquences : son style de de jeu s’améliore, grâce à Monique (sa conseillère en image) elle adopte un style « Princesse Guerrière » qui fait peur mais qui fait chic, elle obtient des contrats publicitaires auprès de marques prestigieuses telles que Swarovski et elle sort avec Marco Vallejo, joueur de tennis à succès et élu « l’homme le plus sexy du monde » par le magazine People.

Tout s’enchaîne : les fêtes, les soirées, les nuits d’amour, les paparazzi, les tromperies, les rivalités, la drogue… Et malheureusement la petite Charlotte, qui préfère qu’on l’appelle Charlie, aura des difficultés à gérer tout cela. C’est là que le rôle de Todd trouve toute son importance et c’est là que Charlie est tout aussi navrante : suite à une imprudence commise par Charlie (et je pèse mes mots), la presse s’en donne à cœur joie et la réputation de la numéro quatre mondiale est écornée. Todd va se montrer radical et va tenter de reprendre le contrôle de la situation en imposant à Charlie des règles de conduite strictes façon « keep a low profile ». Il n’en faut pas plus à Mademoiselle pour s’offusquer d’être chaperonnée en soirée par Dan, son partenaire d’entraînement, alors qu’elle-même s’en veut à mourir lorsqu’elle commet une erreur qui pourrait lui coûter cher…

Le personnage de Natalya, rivale de toujours de Charlie, est également intéressant car elle va durement mettre à l’épreuve notre héroïne sur le terrain mais aussi dans la vie. Natalya est pour partie responsable du changement de comportement chez Charlie qui n’hésite pas désormais à rabaisser verbalement ses adversaires sur le court. J’ai noté tout de même une pointe de culpabilité chez Charlie qui sait qu’elle n’est pas comme ça mais qui le fait quand même… A Natalya il convient d’associer Marco qui est pour moi un c****** fini ! Je suis désolée mes amis lecteurs mais Charlie est (aveugle) amoureuse et met du temps à percevoir la vraie personnalité de cet homme nourri par le besoin d’être célèbre et reconnu dans la rue, d’être photographié et de gagner toujours plus d’argent. Je vous cite ici une phrase tirée du chapitre 21 et qui illustre parfaitement bien mes propos : “Nearly every time Charlie sneaked a peek, Marco was staring at his phone or checking the crowd to make sure people recognized him.” (« Presque à chaque fois que Charlie jetait un œil, soit Marco avait les yeux fixés sur son téléphone soit il regardait le public pour s’assurer que les gens le reconnaissaient. »). Je vous donne le contexte de cette citation : Charlie est en finale de Grand Chelem. A méditer…

Dans ce roman, le personnage qui m’a le plus marqué est celui de Piper, l’amie d’enfance de Charlie. Piper et Charlie ont fait du tennis ensemble lorsqu’elles étaient jeunes mais la première n’a pas souhaité en faire une carrière professionnelle car elle préférait profiter de la vie. Elle est le rappel permanent de Charlie que le temps passe ainsi que les plaisirs de la vie. Car Charlie, bien qu’âgée de 23 ans, n’a pas encore pu profiter des plaisirs de la vie. C’est un thème récurrent dans le livre. Lorsque la pratique d’un sport devient votre métier, vous vivez littéralement pour ce sport. Avec le recul, Charlie regrette de ne pas avoir pu bénéficier d’une adolescence classique avec petits copains, sorties au centre commercial ou pyjama parties chez les copines.  A 23 ans, son niveau reste médiocre, elle n’a remporté aucun titre, elle n’a pas d’homme dans sa vie (comme le dit très bien Todd, Marco n’est qu’un moyen de dorer encore plus l’image de Charlie) et n’a pas de projets sur le plan personnel. Piper pour sa part possède une vie bien remplie et file le parfait amour avec Ronin qui vient de la demander en mariage. Et elle ne se gêne pas pour rappeler à Charlie qu’être joueuse de tennis professionnelle n’en vaut pas la chandelle. Après avoir perdu un match décisif en Grand Chelem, Charlie confie à Piper se donner à fond pour ce sport et sa carrière. Son amie lui répond : “Well, you’re not acting like it.” (« Eh bien, ça ne se voit pas. »). La vérité blesse mais Piper au-delà d’avoir raison joue parfaitement son rôle d’amie. A mon sens, choisir de pratiquer un sport à un niveau professionnel implique d’être bon et d’avoir la niaque. Ce que Charlie n’est pas et n’a pas.

L’entourage personnel de Charlie est complété par son père, M. Silver, lui-même entraîneur de tennis en amateur et son frère, Jake, qui est aussi son manager. Sa mère est décédée il y a quelques années d’un cancer du sein mais la figure maternelle revient souvent dans le livre. Lauren Weisberger montre que les joueurs de tennis que nous connaissons font souvent de leur carrière une affaire familiale. Chaque membre de la famille a un rôle à jouer et rappelle à Charlie d’où elle vient.

Sans vous révéler la fin du roman, marquée par plusieurs bouleversements pour Charlie, je peux dire que je suis contente de la façon dont elle a évolué. J’ai perdu espoir pendant un moment mais les décisions qu’elle prend pour elle montrent qu’elle a grandit et appris de ses erreurs et qu’elle a des valeurs acquises bien avant l’arrivée de Todd. Autrement dit grâce à ses parents et à Marcy, qu’elle réhabilite dans le dernier chapitre du livre après l’avoir (quasiment) jetée comme une malpropre au cours des premiers chapitres.

De façon générale, j’ai retrouvé dans ce roman tous les ingrédients habituellement utilisés par Lauren Weisberger. Rappelez-vous, elle travaillait auparavant chez Vogue et n’a pas hésité à décrire les travers de l’industrie de la mode dans ses ouvrages. Ici elle fait de même avec le tennis, un sport qu’elle affectionne particulièrement. Elle nous fait comprendre à travers l’évolution de Charlie que pratiquer un sport aujourd’hui à un niveau professionnel revient à jouer à la star de cinéma : tapis rouges, fêtes, argent, célébrités, drogue, réseaux sociaux, presse people… Et tout comme le personnage d’Andrea dans Le Diable s’habille en Prada, Charlie se laisse tenter par ce monde de paillettes, la boîte de Pandore s’ouvre, c’est la catastrophe et elle se rachète une conduite du style « j’ai appris la leçon, ce n’est pas pour moi, je ne recommencerai pas ». A noter également que Weisberger a fait appel à Daniela Hantuchová, ancienne joueuse de tennis professionnelle de nationalité slovaque, pour en savoir plus sur ce que cela implique de mener une carrière de haut niveau d’un point de vue sportif, social et personnel.

Pour conclure, je souhaitais souligner cette anecdote évoquée dans le roman : à chaque match Charlie cache une photo de sa mère sous sa casquette ; lors du dernier match décrit par l’auteure, Charlie place la photo de sa mère au pied de sa chaise afin que celle-ci soit aux premières loges pour assister au match de sa fille. Pour des raisons très personnelles, ce passage m’a émue et m’a rappelé certains souvenirs heureux. Dans une semaine c’est la fête des Mères : célébrez et profitez de vos Mamans, elles sont uniques mais ne sont pas éternelles !

Mon verdict :

A lire si vous avez besoin d’un livre-non-prise-de-tête !

5 commentaires sur “Coin lecture : The Singles Game

  1. Hello ma belle!
    Intéressante lecture comme quoi on ne doit pas juger un livre à sa couverture
    Ton post m’a donné envie de connaître la suite.
    Quand on mélange le sport et la célébrité cela fait toujours des histoires croustillantes.
    A bientôt
    Bisous

    1. Coucou Ambrabibou ! Merci pour ton commentaire, effectivement le livre ne me donnait pas envie au début d’autant plus que la première scène décrit un match de tennis. Mais au final le livre se lit. Pour info, j’ai appris que sortait aujourd’hui aux États-Unis le troisième roman de l’auteure issu du Diable s’habille en Prada. A suivre sur le blog…

    1. Je suis ravie que ce livre te plaise ! Je propose une petite sélection de livres sur le blog et j’en ai déjà présenté deux (la rubrique est toute récente). Si jamais cela peut te donner plus d’idées…:)

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