Le Coin lecture

Coin lecture : La petite couturière du Titanic

Ma note :

Pour ce nouveau Coin lecture, je vous parle d’un roman américain écrit par Kate Alcott en 2012 et intitulé La petite couturière du Titanic (« The Dressmaker » en anglais). Ce roman a été publié pour la première fois en français en 2016 aux éditions Archipel.

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Résumé :

Avril 1912. Tess Collins, jeune Anglaise aspirant à percer dans le milieu de la mode, a de la chance. A peine sur le Titanic, elle fait la connaissance de Lucy Duff Gordon, célébrité de la haute couture qui va présenter sa nouvelle collection en Amérique. Sa femme de chambre lui ayant fait faux bond, la créatrice de mode décide de prendre Tess à son service. A bord, la jeune femme fait la rencontre de deux hommes. Mais, tandis qu’un triangle amoureux se forme, le paquebot, sans que ses passagers s’en doutent, fonce vers un iceberg… A New York, Tess intègre l’atelier de lady Lucy. Les talents de modiste de la jeune femme se révèlent bien vite, ses premiers modèles font sensation. Mais son ascension pourrait connaître un coup d’arrêt. Ne se murmure-t-il pas en effet que lady Lucy aurait eu une conduite répréhensible lors du naufrage ?

Mon avis :

En passant un jour à la Fnac, je tombe par hasard sur ce livre qui m’a immédiatement séduite lorsque j’ai vu le nom Titanic. Et je ne regrette pas ce choix ! Ce livre est très intéressant car il ne traite pas seulement de la vie sur le paquebot et du naufrage. Il parle également du retour à la vie après la catastrophe et de la commission d’enquête américaine mise en place quelques jours après l’arrivée des rescapés à New York. Personnellement, je ne savais pas qu’une commission d’enquête avait eu lieu aux États-Unis mais avais entendu parler d’un procès en Angleterre, pays constructeur du bateau. L’audition des différents protagonistes (connus et inconnus) de la catastrophe sert de toile de fond à l’histoire de Tess, l’héroïne du roman.

Tess, une jeune femme pleine d’ambition, décide de quitter précipitamment son emploi de femme de chambre dans une famille anglaise et de tenter sa chance de trouver une place sur le Titanic. Elle fait la miraculeuse rencontre de Lucy Duff Gordon, célèbre créatrice de mode, qui l’embauche.

A bord du Titanic, Tess fait la connaissance de Jim, un marin travaillant pour la White Star Line, compagnie maritime sous laquelle navigue le bateau, et de Jack Bremerton, un riche homme d’affaires. Ces deux hommes ne la laissent pas indifférente. Malheureusement le naufrage se produit et Tess perd la trace de Jack, probablement mort de froid ou noyé après la disparition du bateau. Une fois arrivée à New York Tess croise la route de Pinky, jeune journaliste au Times et qui va donner du fil à retordre à Tess et à la famille Duff Gordon. Tess prend officiellement son service auprès de Lucy et lui montre subtilement ses talents de couturière dont elle a hérité de sa mère. Lucy voit clairement en Tess plus qu’une simple couturière et décide de lui laisser l’opportunité d’exploiter sa créativité en l’autorisant à donner son avis sur ses créations et en la laissant même reprendre certains modèles.

Entretemps, la commission d’enquête bat son plein. Le but de la commission est de comprendre les raisons du drame et d’instaurer des mesures pour éviter qu’une telle catastrophe ne se reproduise. C’est l’aspect du roman que j’ai le plus aimé car il est authentique. Kate Alcott s’est basée sur la retranscription des témoignages entendus lors des séances de la commission pour écrire cette partie du livre. Est notamment auditionné Bruce Ismay, président de la White Star Line, qui brille par son arrogance et sa langue de bois. Il n’admettra jamais que le bateau naviguait trop vite et que les moyens à bord en termes d’évacuation des passagers étaient insuffisants. Il protègera (bien sûr) la compagnie jusqu’au bout et n’assumera pas ses responsabilités face au naufrage qui a coûté la vie à près de 1 500 personnes. Toutefois, il sera démis de ses fonctions de président en 1913. Aucun passager n’a été entendu lors des travaux de la commission excepté les Duff Gordon. Chose que je ne savais pas, les Duff Gordon sont soupçonnés d’avoir soudoyé un membre de l’équipage afin qu’il ne retourne pas sur les lieux du drame à la recherche d’éventuels survivants. Pour info, le canot dans lequel se trouvait Sir Cosmo et Lucy ne comprenait que douze personnes… Thomas Andrews le fait d’ailleurs remarquer à l’officier Lightoller dans le film de James Cameron. Jusqu’au bout les époux Duff Gordon ont nié et ont finalement été blanchis à l’issue des travaux de la commission.

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Lucile et Sir Cosmo Duff Gordon

Un autre témoignage qui m’a marquée est celui de l’officier Harold Lowe. Souvenez-vous, c’est lui qui sauve Rose à la fin du film. C’est le seul officier à être revenu à l’endroit où a coulé le Titanic, à la recherche de survivants. Bien que sa bravoure ait été largement saluée, et que cet homme soit dépeint sous des traits très sympathiques et altruistes dans le film, son témoignage nuance quelque peu cette vision de sa personnalité. Il pointe du doigt le manque de formation du personnel de bord (certains marins ne savaient même pas nager), précise qu’aucun exercice d’évacuation n’a été organisé ou encore que le nombre de chaloupes était insuffisant pour sauver tout le monde. Il confirme être revenu sur les lieux du naufrage mais n’hésite pas à déclarer : « J’ai attendu que les cris et les hurlements commencent à se calmer, puis je suis retourné sur place quand j’ai jugé que les rangs des survivants étaient suffisamment clairsemés ». Dure révélation mais là est le dilemme : revenir juste après que le bateau a coulé au risque de perdre les rescapés se trouvant déjà dans le canot ou revenir bien après pour n’en récupérer que quelques-uns de plus et les autres rescapés déjà présents dans le canot ? Cette révélation m’a choquée dans un premier temps puis j’ai commencé à me demander ce que moi j’aurais fait à sa place. Et j’en suis arrivé à la conclusion que je ne peux pas juger cet homme. Personne ne le peut. Finalement, seules l’arrogance et la mégalomanie humaines expliquent ce drame. Aucun exercice d’évacuation n’a été organisé et le nombre de canots de sauvetage était insuffisant car tout le monde croyait vraiment que le paquebot était insubmersible. De même, Ismay a ordonné au capitaine Smith d’augmenter la vitesse du bateau afin de rallier New York le plus vite possible et établir un record…

Selon moi, Ismay aurait dû subir une peine bien plus lourde que celle qu’il a encourue. Après avoir dû quitter la présidence de la White Star Line cela ne l’a pas empêché de continuer à investir dans d’autres affaires et à ne cesser de s’enrichir… Cet homme est responsable de la mort de 1 500 personnes et il s’en est tiré impunément. Je vous invite à visionner cette séquence coupée au montage dans le film de James Cameron et qui décrit la culpabilité pesant sur les épaules d’Ismay. Cameron aurait dû inclure cette scène au montage, elle me semble pertinente et légitime (ne nécessite pas de comprendre l’anglais, aucun dialogue dans cette séquence) :

Autre point d’histoire : les enfants Navratil. Michel et Edmond Navratil sont mentionnés au début du roman et déclenchent un sentiment d’affection chez Tess. Michel était âgé de quatre ans lors du naufrage tandis que son frère Edmond n’avait que deux ans. Ils voyageaient en compagnie de leur père Michel et sous le faux nom de Hoffmann. Lorsque Tess monte à bord du dernier canot de sauvetage, elle reconnaît Michel Hoffmann qui demande au tout venant de recueillir ses fils dans le canot afin d’assurer leur survie. Tess les récupère et promet à M. Hoffmann de veiller sur eux. Ils seront finalement récupérés par leur mère restée en France, un mois après le naufrage.

Il s’agit de personnes ayant réellement existé et dont l’histoire est retracée par la petite-fille de Michel Navratil fils, Elisabeth. Le roman s’intitule Les enfants du Titanic et a été publié en 1982. Il m’arrive de relire ce roman que j’adore et qui est très bien écrit. Imaginez ces pauvres petits si jeunes au milieu de cette catastrophe…

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Info + : après vérification, les personnages de Jean et Jordan Darling mentionnés dans le livre sont fictifs.

Mon verdict :

A lire si vous aimez l’Histoire, le Titanic et un peu de romance !

Extrait choisi :

Pinky s’adressant à Molly Brown, passagère du Titanic, interprétée par la merveilleuse Katy Bates dans le film de James Cameron : « En quoi ce naufrage vous a-t-il éclairci les idées, personnellement ? » La question de Pinky provoqua une réaction joyeuse chez Mme Brown. « Ce drame m’incite plus que jamais à dire ce qui me plaît, sans me laisser embobiner par quiconque. La vie est courte, inutile de ruminer le malheur pendant des années […] ».

12 commentaires sur “Coin lecture : La petite couturière du Titanic

  1. Merci pour cet article ! Il est vrai que connaissais l’existence de livre sur le titanic , et même en aimant l’histoire je ne les aient jamais achetés…
    Sauf que grâce à ton article cela m’a vraiment donné envie de le lire 🙂
    Ce sera ma prochaine lecture !!

    1. Moi non plus je ne lis pas de romans parlant du Titanic, avec Les enfants du Titanic que je mentionne dans mon article ça n’en fait que deux que j’ai lus. Je suis ravie de te lire, tu me diras ce que tu en penses 🙂

  2. Cette chronique est hyper détaillée. Tu me donnes envie de lire ce livre (comme si ma PAL n’était pas déjà énorme…)
    Si tu aimes ce genre de livre, je te conseille « L’enfant du Titanic » de Leah Fleming ainsi que « Le sel de nos larmes » de Ruta Sepetys !

    1. Lol oui ma chronique est trop détaillée à mon goût mais je ne peux m’empêcher d’écrire…pourtant je supprime des paragraphes avant publication 😊😊
      Je crois bien avoir lu “L’enfant du Titanic” (j’avais même été un peu déçue à tel point que je l’ai donné) et je ne connais pas le second roman que tu cites. Je vais aller voir ça 🙂

    2. Ohhh mais c’est un Goodreads Choice Winner de 2016 ! Il doit être très bon pour avoir été sélectionné par les lecteurs. La communauté GoodReads est connue pour être exigente 😁
      Merci pour cette découverte !

  3. Je le connaissais, mais il ne me disait pas plus que ça, en réalité. J’avais peur qu’il s’agisse d’une énième histoire d’amour se déroulant sur le Titanic. En fait, tu viens totalement de me convaincre avec le fait qu’il correspond à la réalité historique, qu’il évoque des personnes ayant réellement existé. Finalement, je pense lui donner une chance.

    1. Je suis ravie de lire ça ! Oui, donne à ce livre une seconde chance tu ne seras pas déçue 🙂
      Je trouve que l’intérêt de ce roman réside dans les faits historiques qui y sont rapportés. J’ai appris des choses !

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