Le Coin lecture

Coin lecture : Le pays du nuage blanc

Ma note :

Le Coin lecture vous a manqué ? Le revoilà de nouveau avec un roman écrit par l’auteure allemande Sarah Lark en 2007 et intitulé Le pays du nuage blanc (Im Land der weissen Wolke). Il est paru en France en 2013 aux éditions L’Archipel.

 

Résumé :

« Eglise anglicane de Christchurch (Nouvelle-Zélande) recherche jeunes femmes honorables pour contracter mariage avec messieurs de notre paroisse bénéficiant tous d’une réputation irréprochable. »

Londres, 1852. Hélène, préceptrice, décide de répondre à cette annonce et de tenter l’aventure. Sur le bateau qui la mène au Pays du nuage blanc, elle fait la connaissance de Gwyneira, une aristocrate désargentée promise à l’héritier d’un magnat de la laine. Ni l’une ni l’autre ne connaissent leur futur époux. Une nouvelle vie – pleine d’imprévus – commence pour les deux jeunes femmes, qu’une amitié indéfectible lie désormais…

Mon avis :

Un jour, à la recherche d’un livre dans le magasin Cutura, je tombe sur ce petit pavé qui attire mon regard et pour cause ! Je ne vous parle jamais des couvertures de livres mais elles sont vraiment emblématiques. Et celle-ci m’a immédiatement plu avec ses tons pastel, l’écume des vagues, les rochers et cette dame (aristocrate ?) se baladant sur le sable avec son ombrelle au-dessus de sa tête. Un coup d’œil à la quatrième de couverture et je fus convaincue !

Tous les ingrédients que j’aime sont réunis dans cette histoire : une foule de personnages et de générations différentes, de nombreuses péripéties et de retournements de situation, une époque qui me plaît, des contrées inconnues, une vraie saga familiale s’étendant sur plusieurs années. Seul hic : certains passages peuvent traîner en longueur car ils sont très descriptifs. Autant les descriptions des paysages néo-zélandais valent le coup d’être lues, autant certaines scènes ne le méritent pas. Moi qui suis amatrice de scènes s’enchaînant les unes après les autres, j’ai sauté quelques lignes (mais pas trop je le jure !).

Venons-en à l’histoire. Elle couvre les années 1852 à 1877 et raconte la vie d’Hélène Davenport, une jeune maîtresse d’école, et de Gwyneira Silkham, fille de bonne famille. Elles ont toutes deux un point commun : elles recherchent l’amour. Le livre débute à Londres avec Hélène qui tombe sur une annonce très particulière dans laquelle de jeunes femmes sont recherchées pour épouser des hommes honorables membres d’une paroisse en Nouvelle-Zélande. Il n’en faut pas plus à Hélène pour rédiger une première lettre qui « touchera » le cœur de Howard O’Keefe, un fermier. Gwyneira Silkham de son côté apprend qu’elle est promise à Lucas Warden, fils du plus grand propriétaire terrien de Nouvelle-Zélande. Le père de Gwyneira ayant parié la main de sa fille lors d’une partie de poker perdue auprès de Gérald Warden, aucun retour en arrière n’est possible. C’est ainsi que les deux femmes embarquent séparément sur le Dublin et font connaissance.

Pendant la traversée, Hélène se voit confier un groupe de jeunes filles orphelines promises à occuper des postes de femme de chambre et de cuisinière au sein de grandes familles britannique aisées et installées en Nouvelle-Zélande. Elle se prend rapidement d’affection pour ces jeunes adolescentes qui vont voir leur vie basculer en accostant dans ce nouveau pays. Certaines seront séparées, d’autres resteront plus ou moins proches les unes des autres. Un vrai déchirement pour ces jeunes filles mais aussi pour Hélène et Gwyneira qui n’y pourront rien.

Hélène et Gwyneira rencontrent ensuite leur époux respectif et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne correspondent en rien à ce à quoi elles s’attendaient. En outre, toute une suite d’évènements fortuits va se produire : déceptions, tromperies, disputes, naissances, meurtres… Certaines fois, le roman devient vraiment noir tant les évènements qu’il retrace sont poignants. Je ne me suis pas ennuyée à la lecture du roman et j’en redemande ! Heureusement, cette saga comporte neuf ouvrages ce qui me laisse encore du temps pour apprécier la suite des aventures des Warden, des O’Keefe et des Maoris.

Les Maoris justement parlons-en. J’ai appris des choses les concernant car il est vrai qu’il s’agit d’un peuple dont nous n’entendons pas beaucoup parler à l’exception de leurs célèbres tatouages tribaux (cela me rappelle l’excellent roman de Caryl Férey intitulé Haka que je vous recommande). L’auteure nous décrit leur mode de vie mais aussi de pensée et introduit parfois des termes empruntés à la langue maori. Très réaliste à une époque où la Nouvelle-Zélande venait d’être découverte (200 ans c’est court pour l’Histoire) et d’être officiellement colonie britannique (en 1840). Je trouve cela judicieux de la part de Sarah Lark d’inclure ce peuple et d’expliquer la nature des rapports qu’il entretenait avec les colons. Un autre élément que j’ai aimé dans le livre : la faune et la flore propres à la Nouvelle-Zélande. Je ne savais pas ce qu’était un weta et je vous invite à aller jeter un œil sur Google, cela vaut le coup !

Les personnages évoluent au gré des années et j’ai eu un pincement au cœur notamment pour le personnage de Lucas qui pour moi est le plus beau de cette histoire et celui qui a réellement tenté de changer et même de lutter contre la personne qu’il était réellement alors que cela était impossible. Autre élément de poids : l’amitié inébranlable entre Gwyneira et Hélène. Ces deux femmes se soutiennent durant les épreuves qui leur incombent à chacune et elles n’exercent aucun jugement sur les choix de l’une ou de l’autre. Ce sont des femmes avant tout, le milieu social, les connaissances importent peu. Elles finiront pas découvrir qu’elles n’ont que l’une et l’autre pour affronter les vicissitudes de cette vie.

Je terminerai cette revue en disant que l’auteure nous montre qu’une décision peut avoir une multitude de conséquences sur la vie d’autrui. Je pense en particulier à la vie et au destin de Paul, l’un des enfants de Gwyneira. Paul a grandement souffert du manque d’amour de sa mère pour lui (lisez le livre et vous saurez pourquoi Gwyneira ne l’aime pas) et cela l’a suivi toute sa vie, dans sa façon de penser et de se comporter même si la bonté de la jeune Kiri l’a quelque peu changé – en bien – mais peut-être pas à temps…

Mon verdict :

A lire absolument !

Extrait choisi :

« C’est toujours brumeux comme ça ? demanda Gwyneira, peu enchantée. […] Non, la rassura Gérald, visiblement heureux de revoir sa patrie. Il est plutôt inhabituel qu’une telle vue s’offre aux arrivants. Et cela porte sûrement chance… Il paraît que c’est ainsi que le pays s’est offert à la vue des hommes du premier canoë venu de Polynésie. D’où le nom de la Nouvelle-Zélande dans la langue maorie : Aotearoa, le pays du long nuage blanc. »

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