J'écris une histoire

Trompe- l’œil : Chapitre 1

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Trompe-l’œil est sur Wattpad !

Une heure avant de perdre la vie, Jack Barston eut au moins le mérite de ne rien laisser derrière lui : son affaire en cours était bouclée (il avait remporté le procès de justesse), ses dossiers étaient classés, son bureau était en ordre. Il attrapa son écharpe gris clair qu’il noua généreusement autour de son cou, il enfila son épais manteau d’hiver et s’empara de sa mallette. Ne pas oublier la paire de gants, les températures ont encore baissé ! Il observa une dernière fois son bureau dans son ensemble et constatant qu’il n’avait rien oublié, se dirigea vers l’ascenseur. J’espère qu’il y a encore des taxis à cette heure-ci, je n’aimerais pas avoir à dormir au bureau. Il quitta l’immeuble et s’engouffra dans le froid glacial de cette nuit de mars tout en remontant le col de son manteau. Par chance, un taxi passa alors dans la rue et Jake s’empressa de le héler :

Taxi !

Le taxi s’arrêta à la hauteur de Jake qui se baissa vers la vitre avant du côté passager.

– Dites-moi que vous prenez encore un passager ! s’exclama Jake en dégainant son regard le plus larmoyant.

Le chauffeur, fatigué par une très longue journée, observa Jake d’un regard amusé et lui répondit :

– Ça peut se faire, voyez-vous j’aime beaucoup l’argent.

– Votre prix est le mien !

– 100 dollars la course et je vous emmène où vous voulez, cher monsieur, enfin, tant que c’est à moins de vingt minutes d’ici. Voyez-vous, je m’apprêtais à rentrer chez moi et j’aimerais autant éviter les détours inutiles, ajouta-t-il tout de go.

– Même contre de l’argent ? répondit Jake en adoptant le même ton ironique que son interlocuteur.

– Ça peut s’arranger. Où êtes-vous attendu ? rétorqua le chauffeur en affichant un demi-sourire.

– Seul mon appartement m’attend. Sur la 86ème et Madison.

– Ça fait un petit détour en effet mais monsieur est riche[1] et ne veut pas se retrouver seul par une nuit aussi glaciale à devoir rentrer avec ses pieds. 150 dollars et je vous y emmène.

Ce type a du culot, il faut bien lui reconnaître. Allez, plus vite la course sera réglée, plus vite je serai bien au chaud chez moi. Jake sortit son portefeuille de son manteau et en retira quelques billets qu’il tendit au chauffeur.

– Et voici pour vous !

– Monsieur peut monter à l’arrière et c’est parti pour la 86ème rue, annonça le chauffeur en laissant éclater un rire. De quoi bien finir la journée ! Cet argent, il le déposera dans la petite boîte en fer, celle qui est cachée derrière les bocaux en verre de Tricia. Peut-être bien qu’il va enfin pouvoir lui acheter ce collier qu’elle aime tant.

– Vous êtes d’ici, monsieur ? demanda le chauffeur à Jake sur le ton de la conversation.

– Non, de San Francisco.

– Vous avez un accent anglais si mes oreilles fonctionnent encore bien.

– Bien joué ! Je suis né en Angleterre et j’y ai vécu jusqu’à mes 12 ans. Mon père a été muté à San Francisco et avec ma mère nous l’avons suivi.

– Pourquoi avoir quitté notre beau soleil alors ? Pour tester votre résistance au froid et à la grisaille ?

– Si cela avait été la raison, j’aurais choisi Londres. Les parapluies ont la réputation d’être très glamour et tendance là-bas ! A la mention de Londres, un souvenir lui revint, ses yeux s’illuminèrent et soudain, il la vit. Tina. Il faut que je pense à l’appeler. Si elle accepte de décrocher cette fois.

– Vous rigolez mais ici à New York, ce sont les après-skis qui deviennent de plus en plus à la mode. Et vous en avez de toutes les couleurs ! poursuivit le chauffeur, interrompant les pensées de Jake et le ramenant au présent.

– Je suis à New York pour affaires. Je ne vis pas ici, je n’y réside que de façon occasionnelle. Le travail me contraint à voyager beaucoup. Aujourd’hui New York, demain Paris ou peut-être même Londres ! Croiser son regard dans le rétroviseur. Brouiller les pistes tout en ayant l’air authentique et cohérent.

– Cela doit être très enrichissant, monsieur ! J’échangerais bien ma place avec la vôtre ! Nous voici arrivés à votre destination !

Jake rassembla ses affaires et se pencha du côté du siège conducteur :

– Ne m’appelez pas monsieur, appelez-moi Nick et encore merci pour la route Raymond, bonne nuit ! Observer son environnement dans son ensemble sans se faire remarquer. La carte de Raymond était visible à l’arrière du taxi sur la paroi vitrée séparant Jake du chauffeur. Sans même lui laisser le temps de répondre, Jake ouvrit la porte arrière et sortit du véhicule. Le taxi s’éloigna, laissant Jake seul face à la nuit noire et au froid humide qui transperçait la moindre fibre de ses vêtements. Il tâta ses poches à la recherche de ses clés d’appartement et, alors qu’il s’apprêtait à monter les escaliers du perron et à franchir la porte du hall, une voix l’interpella :

– Excusez-moi ! Je suis avec mon mari, notre voiture a crevé, vous pouvez l’aider ? Il ne s’y connaît pas bien en mécanique, il n’arrive pas à utiliser le cric. Son père a toujours dit qu’il n’était rien qu’une fillette ! s’exclama une jeune femme dont le visage reflétait à la fois l’amusement et l’embarras.

Jake, partagé entre l’envie de rentrer au chaud se mettre au lit et de venir en aide à ces pauvres gens, répondit d’un ton abattu :

– Allons voir ça ! Il s’approcha de l’époux de la jeune femme, posa sa mallette à terre et remit les clés dans sa poche. Quel est le problème ? interrogea Jake.

– Je n’arrive pas à passer le cric sous la voiture et avec ce froid j’ai les mains gelées, répondit l’autre d’un air angoissé.

– Faites-moi un peu de place, je vais regarder ça de plus près, dit Jake en s’accroupissant à côté de l’homme. Ce n’est pas malin de se balader sans gants par un temps pareil, vous devez être frigorifié avec seulement votre veste sur le dos, non ?

Ce furent les derniers mots de Jake. A peine eut-il terminé sa phrase qu’il ressentit une douleur atroce entre les omoplates, puis une autre dans le bas du dos. Une douleur comme il n’en avait jamais ressentie. Observer son environnement dans son ensemble. Tandis que Jake s’effondrait sur le sol, il comprit tout, trop tard. Bien trop tard. Lui ne portait qu’un veston, elle qu’une simple robe à manches longues par une nuit frôlant -2 degrés. Alors que sa joue droite embrassait le sol glacé de la 86ème rue, les yeux de Jake se fermèrent de moitié et tout autour de lui devint noir.

[1] La 86ème rue se situe dans l’Upper East Side, au nord-est de Manhattan. C’est l’un des quartiers les plus huppés de l’île.

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10 commentaires sur “Trompe- l’œil : Chapitre 1

    1. Chère queenofthetribu, MERCI !!! Tom serait parfait pour le rôle ! Je suis tombée sur une série quelques jours après avoir écrit le chapitre et je me suis dit que c’était lui. Je ne le connaissais qu’en Loki et le voir sous un jour nouveau m’a donné un autre point de vue. Il pourrait gagner un oscar avec moi ! 😁😁

      1. (Soupir) il a une prestance, j’adore 😍 bon, je suis également fanissime des marvel, et j’avoue qu’en Loki, il est pas mal non plus, même si je craque plus pour Tony Stark ou Starlord (re soupir)…mais je m’égare 😊

    1. Coucou Yuuki, merci beaucoup !! Le chapitre 2 a été publié au début du mois sur le blog. Je publie en général tous les 5 du mois un chapitre 🙂
      Merci pour ton soutien 😉

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